28 juin 2008
Après maintes péripéties, je suis arrivée !
Je suis vivante !
Ouais, je vous jure, je ne suis pas dans une ferme dans la campagne
Irlandaise mais dans une jolie maison avec des rideaux aux fenêtres et
des habitants adorables !
Donc voici le récit passionnant - sans aucun doute - de mes trépidantes aventures pour arriver jusqu'ici...
Mercredi soir, je devais prendre le train à 17H04 ; bien-sûr, vu mon
état de stress, j'ai fait bouger tout le monde et dans la magnifique
voiture d'Ismérie, Carole, Ismérie et moi sommes allés à la gare suivies
ou doublées par Allan,nous sommes arrivés, of course bien en avance :
16H15... J'ai donc pu prendre mes billets en tout quiétude même si la
machine a du mal !
J'ai eu la surprise de croiser Etienne et Suzy donc j'ai pu les dire
encore une fois "au revoir" et Etienne a pu agiter son mouchoir sur le
quai !
Bien-sûr, il a fallu que je verse quelques larmes parce que c'est pas
drôle sinon, mais mes amis et ma famille vous avez intérêt à prendre
soin de vous !
Le Havre-Paris s'est fait sans histoire, malgré mes réflexions
hautement philosophiques type "parfois, il est bon de partir pour mieux
revenir" ou "la distance fait prendre conscience de ce qui compte
vraiment"... J'ai aussi fini Si tu me voyais maintenant, livre
offert par Allan (choix de Carole ^^) à mon anniversaire, et je le
conseille... J'ai eu du mal à m'y mettre au début mais sinon, il y a
une très belle vision du monde, des enfants, de l'imagination et de
l'amour... [d'où d'autres pensées profondes type : quand tu donnes son
cœur avec un bout de papier, tu ne peux pas décider un jour de le
reprendre comme ça]
Arrivée gare Saint-Lazare, 19H12, train pour Saint-nom la Bretèche (qui
désert Marly-Le-Roi où loge Annie qui a la gentilesse d'accepter mon
squattage !) a 19H18 et 19H33, je laisse tomber le premier, je n'ai pas
mon billet et il faut que je traverse toute la gare car le petit train
de Saint-Nom part voie 2 et celui du Havre est arrivé voie 27 et ô my
god, jamais vu autant de monde dans la gare ! Je prend donc mon courage
à deux mains ou plutôt ma valise de 18 kg et je décide de rentrer dans
la masse !
Après, j'essaie de repérer une caisse automatique libre pour acheter
mon billet mais y a la queue partout ! Je décide donc de prendre mon
tour, j'arrive à la machine, je fais tout bien comme il faut et j'insère ma
superbe carte de crédit car elle n'accepte que les pièces et je n'en ai pas
assez !
Et la premier drame : ma carte de crédit ne fonctionne pas !
Je change de machine, je refais toute la procédure, mais non ça ne marche pas !
Bon direction la caisse avec le monsieur mais là, c'est la queue du diable !
Je finis pas acheter mes billets et saute dans le train avant qu'il parte...
Arrivé chez Annie, restau antillais à Marly et dodo ^^
Le lendemain était en théorie ma journée soldes à Paris mais bon, après
cinq magasins j'ai renoncé car il y avait un monde fou et une chaleur à
crever, je me suis promenée dans Paris...
Éléments marquants de ce jeudi :
- je suis allée à la gare de Marly à 10H45 et le train est partie sous mon nez, obigée d'attendre une demi-heure !
- j'ai mangé avec mon papa (en mission à Paris) dans un restau du
quartier Latin soit disant de la "cuisine traditionnelle" mais le
serveur n'avait pas l'accent français !
- j'ai regardé pour la première Docteur House mais ça on s'en fiche un peu !
Nous arrivons aux choses sérieuses :
Je n'ai pas du tout bien dormi la nuit de jeudi à vendredi !
Je me suis réveillé plusieurs fois et à 8h j'ai décidé de bouger !
Je suis partie de chez Annie à 9h00 avec tout mes bagages, je mets un
bon quart d'heure pour arriver jusqu'à la gare de Marly et j'achète un
sandwich... (passionnant, is'nt it ?)
Mais là commence "la traversée de Paris !", une demi de train plus
tard, arrêt la défense, je descends du train pour prendre le RER A
direction "Marnes la vallée" et je sais plus trop quoi... Sauf que mon
super ticket "Marly-aéroport CDG" ne fonctionne pas dans la machine...
Coup de panique, je l'ai quand même payé 11Euros30 !
Je trouve un "point
accueil", je fais la queue bien-sûr...Mais le monsieur est gentil, il
ne comprend pas pourquoi ça ne marche pas mais me donne un autre ticket
! Aller à nous deux, RER...(et je ne reste même pas coincer dans les portes
automatiques avec mon gros sac !)
Heureusement pour moi, ce n'est pas
une heure de pointe ! Je descends à Chatelet-Les Halles pour prendre le
B3, encore des escaliers et de longs couloirs mais pas de portes à passer...
Je monte dans l'autre RER très vite, si vite que je ne suis pas 100%
sûre que ce soit le bon... Mais un jolie annonce au bout de
quatre stations me rassure !
J'arrive à CDG à 11h , je me dis, c'est bon, j'y suis mais en fait il y
a encore une navette à prendre suivant les terminaux, je suis terminal
1. J'arrive et maintenant, il y a écrit "Hall 4" pour le vol de Cork
de 14H20... Donc encore des escaliers, des couloirs et des escalators... Mon
enregistrement n'a pas commencé (je ne vois pas le logo de ma
compagnie), j'attends donc...
L'enregistrement arrive, je suis dans les first...
Débarrassée de mon sac, je peux souffler en attendant 13H35 pour
l'embarquement qui se fait porte 15 (oui, je confirme, c'est un
dédale surtout si on loupe un panneau !), Ismérie me tient compagnie
par téléphone !
A 13H20, je décide de me bouger pour trouver la porte 15, on me demande
encore deux fois ma carte d'identité (déjà montrée à l'enregistrement
des bagages) et je finis par trouver la porte... Je ne siffle même pas
au détecteur de métaux alors que ça m'arrive tout le temps ! J'arrive
donc au dernier espace d'attente avant de rentrer dans l'avion...
Mais là, j'apprends que notre vol va avoir 2H de retard ! Bon, ben, j'ai un bouquin...
Je fais connaissance d'une française qui va en vacances 15 jours et
surtout d'une autre au pair, Jeanette qui va près de Cork aussi...
L'heure d'embarquement arrive tout de même, mais on nous change de porte...
Me voilà enfin partie pour mon premier vol, par chance, je suis près de la fenêtre !
J'ai trouvé ça magnifique, la terre vu du ciel, et le fait d'être au dessus des nuages...
ça fait bizarre de "voler" mais j'ai bien aimé... Même si j'ai du faire
abstraction de l'impression claustrophobique du petit avion blindé !
On a bien fini par aterrir et constat hyper intéressant : l'aéroport de Cork est tout
petit par rapport à CDG !
J'ai attendu ma valise avec Jeanette et, of
course, c'était la dernière !
Et puis, on est sorties pour trouver nos "host families"... Aucune des deux n'était là !
On a fait des plans sur un possible décatlon qui vend des tentes
quechua parce que maintenant qu'on était là, on allait pas repartir !
Et là, j'ai vu Betty avec Brian et une pancarte "Claire", j'ai laissé
tomber la tente pour leur dire bonjour et Jeanette a trouvé sa host
juste deux secondes après...Brian m'a dit "bonjour, comment allez vous
?" en français dans le texte !
Et puis j'ai pris le numéro de Jeannette et on est parti...
La suite prochainement, parce que là, ça va être l'heure de manger...
Et puis, il faut un article spécial parce que finalement, c'est après que tout commence !
See you soon
Votre correspondante en Irlande
Claire, super détective pour problèmes domestiques !
Dans cette magnifique famille qui vit dans une magnifiques demeure, j'ai une magnifique chambre (toute impression que je me crois dans un conte de fée n'est pas fortuite ! [et oui, Broutill3, j'adore cette expression et j'ai décidé que ce serait la marque de fabrique de mon blog])
Une grande chambre bien aménagée, avec un grand lit, un psyché, de la place pour ranger mes affaires, une vue pittoresque sur la campagne irlandaise, une salle de bain tout confort (oui, oui rien que pour moi dans la chambre !)...
Seulement, il y a toujours une adaptation, des choses qui vous laissent perplexes, des petits soucis à résoudre...
Hier, j'ai rangé mes affaires avec l'aide de Mary et "my bedroom" m'a paru très hospitalière...
Mais il fallait bien qu'elle me joue quelques tours...
Quand je suis allée me coucher, j'ai tiré le store (oui, j'ai la chance d'être dans une famille en Irlande qui a mis des stores au fenêtres car vous n'êtes pas sans savoir - ou pas, d'ailleurs - qu'il n'y a pas de volets en Irlande et en Angleterre...) après avoir allumé la grande lumière. Puis, j'ai vu que j'avais un lampe de chevet... ô my god, tant de luxe pour moi, j'étais au bord de l'évanouissement (mais non, quelle idée, est-ce que je suis le genre de fille à en rajouter ?) je décide donc de l'allumer !
Et là, c'est le drame ! Impossible de trouver le bouton de la lampe de chevet ! Je retourne la chose dans tous les sens, j'essaie de suivre le fil avec les doigts pour voir si ce ne serait pas plus bas... Mystère et boule de gomme...
Je décide donc de déjà regardé si la lampe est bien branchée... Je bouge donc ma table de chevet et là apparaît la prise, wahooo... Bon, c'est bien branché...
Mais (attention suspense), j'avais oublié que ça pouvait être comme en Angleterre avec des interrupteurs sur les prises !
Et un mystère de plus de résolu pour Claire-Sherlock Holmes !
Je pouvais donc me coucher et faire des rêves paisibles...
Le lendemain matin (oui, mes aventures ne s'arrêtent pas en si bon chemin !), je me réveille après une superbe nuit dans mon lit de princesse (ben, quoi, on a le droit de rêver, le fer forgé ça fait conte de fée non ?), je me décide à me sortir du lit et à ouvrir le store pour voir "mon" morceau d'Irlande !
Et là, c'est le second drame ! Il était facile de descendre le store en tirant sur la ficelle mais je n'arrive pas à le remonter, tout ce que j'obtiens c'est de le dérouler jusqu'à terre... La maison dort et même je me sens ridicule de ne pas savoir remonter un store... J'essaie d'étudier le problème en regardant comment s'est attaché... C'est une sorte de tringle carrée... Je finis par enlever un côté de la tringle et à le rembobiner à la main... Je vois donc l'extérieur mais le mystère reste entier : je pense que ma technique n'est pas le moyen qu'on est sensé utiliser pour remonter le store... On verra demain...
Attention, ne vous méprenez pas, Claire-Sherlock Holmes n'abandonne jamais un mystère non résolu, elle recule pour mieux sauter !
Euh, par contre, si quelqu'un a un éclair de génie es stores, ça m'intéresse...
Bye for now
your Irish correxpondent
mot du jour : sneeze = éternuer
08 juillet 2008
Claire et la langue de Shakespeare !
Je réponds à beaucoup de remarques sur mon niveau d'anglais à la fin de l'été...
A tous ceux qui pensent que je vais être bilingue, je vous le dis tout net, arrêtez de rêver !
Oui, bien sûr, je suis en train d'improve my English, je suis là pour ça en même temps...
Mais ce n'est pas en huit semaines que je peux devenir "fluent"... J'aimerais bien mais pour le moment, ce que je ressens par rapport à cette langue, c'est la frustration, oui, oui, je suis frustrée !
Je crois que c'est difficile à comprendre quand on ne le vit pas. Mais quand vous voulez dire quelque chose (et dieu sait que j'ai envie tout le temps de dire beaucoup de choses) et que vous n'arrivez pas à vous faire comprendre ou que vous renoncez parce que vous savez pertinemment qu'il vous manque trop de vocabulaire, vous comprenez vraiment l'expression "barrière de la langue", c'est comme un mur qui se dresse devant vous entre vos idées et l'autre personne, une impossibilité de communiquer, un mur... ou a gap - je préfère l'idée de fossé en fait... Parce qu'un fossé on peut le franchir ! Parce que même si parfois je garde le silence car ça me demande trop d'efforts d'essayer de dire quelque chose, j'essaie de franchir cette première envie pour tenter d'établir des conversations !
Du point de vue de la compréhension, ça va, je me débrouille assez bien (en toute modestie), ce qu'il y a de bien c'est qu'ils prennent le temps de m'expliquer, de répéter si je ne comprends pas, donc je ne suis pas trop perdue, même s'il existe parfois cette sensation d'être complétement débile quand on tente de vous dire quelque chose et que franchement, vous ne voyez même pas de quoi il peut s'agir !
Pour l'expression, je fais beaucoup de fautes, j'ai beaucoup de mal avec le passé, j'ai tendance à mettre du present perfect alors qu'il faudrait du prétérit et puis j'ai des problèmes avec les questions un peu rhétoriques (quand je veux la confirmation de quelque chose dont je suis presque sûre par exemple !), souvent j'oublie d'inverser le sujet et le verbe, et encore beaucoup d'autres exemples comme ça ! Et puis ce vocabulaire sur lequel on butte ! Ou alors quand on pense savoir dire et qu'ils comprennent pas car en fait, on a fait une mauvaise traduction d'une façon de dire française...
Il y a aussi une différence entre comprendre un mot, le reconnaître quand il est employé et l'utiliser - d'autant plus à bon escient ! C'est pourquoi, la plupart du temps, je suis incapable de répéter ce qu'ils ont dit exactement même si je l'ai compris !
Finalement, c'est assez particulier comme expérience, on saisit les subtilités et les différences souvent plus profondes qu'un mot traduction d'un mot de notre langue... Par exemple, nous français à l'étranger nous disons automatiquement "I'm French", traduisant ainsi ce qu'on dirait en français... C'est correct mais ici quand ils parlent de moi, ce n'est pas la phrase qui leur vient naturellement, ils disent "she comes from France", c'est subtil mais je trouve que c'est intéressant car en bonne élève qui a suivi ses cours de linguistiques, je pense que la langue est une manière d'illustrer une perception du monde !
Ce genre de réflexion peuvent paraître sans importance mais l'aventure finalement réside aussi dans la langue ! J'ai compris pourquoi tout le monde me disait "au revoir" comme si je partais six mois dans la jungle. Car partir à l'étranger, c'est aller à la découverte de la différence, ce n'est pas un hasard si dans notre langue, étranger est de la même famille qu'étrange...
Donc oui, malgré la chambre avec un superbe lit, une salle de bain privée, la possibilité de manger tout ce que je veux, le réveil à 11h, une famille formidable, des amis au pairs, plein de sorties géniales, ça reste une sacrée aventure (et je ne vous parlerais pas du point de vue alimentaire qui pourra faire un très long article à lui seul) !
Alors, comme un explorateur qui part à la conquête de l'Everest, je suis en train de tenter l'ascension de la langue anglaise (tendance irlandaise) et ce qu'il y a de bien avec ce voyage là, c'est qu'il n'est jamais fini et qu'on peut toujours découvrir de nouvelles choses !
Remarque supplémentaire : ma prononciation devient meilleure grâce au chapitre qu'Amy m'impose (oui, oui, elle a un côté autoritaire cette petite et elle profite du fait que je suis là pour apprendre l'anglais) de lui lire tous les soirs, nous venons de finir Let's do the pharaoh !
Sinon, j'ai demandé à Betty de me prêter des livres et elle doit me montrer où est sa caisse de livres au grenier demain et j'ai prévu de me faire Pride and prejudice en anglais sans sous-titres pour voir comment je m'en sors !
Et finally, si vous pensez que je ne travaille pas assez mon anglais, faites attention je vais écrire mes articles dans la langue de Shakespeare (remarque, ils seraient sans doute moins longs !)
P.S : vous remarquerez que j'ai posté cet article dans la catégorie "péripéties et aventures rocambolesques" car vous ne pouvez pas savoir à quel point parfois parler anglais est pour moi toute une histoire !
Et pour finir (it's time to go to bed!) voici le mot du soir : handmaid ou handmaiden = servant(e) (thanks Amy's book!)
14 juillet 2008
particularités irlandaises...
Je profite de cette journée où c'est la fête de mon pays pour pointer du doigt tout ce qui m'a paru étrange, bizarre, amusant, cocasse, différent en un mot
donc voici en vrac un melting pot d'infos :
- Ici les petits noms qu'on se donnent ne sont jamais avec le possessif : "honey", "darling", "sweet", "love"... Alors que nous les français on dira "ma belle", "mon grand", "mon amour", "mon ange" !
- J'adore les feux piétons ici, parce qu'ils font tous du bruit pour les aveugles et que pour demander le feu, c'est tactile, il ne faut pas appuyer sur un bouton à proprement parler et ça fait un petit bruit et allume une lumière ! Autre super invention : il clignote quand il va bientôt passer au rouge et parfois il y a même le décompte des secondes qui restent au dessus ! Par contre, ça prend trois plombes à passer au vert vu qu'il faut que ce soit rouge pour toutes les voies au cas où certaines voitures veulent tourner, résultat, on fait souvent nos rebelles et on traverse au risque de mourir hors de France !
- Les irlandais sont à fond sur le recyclage, ils mettent quasi tout dans la poubelle à recycler : les films plastiques, les pots de yahourts, les mouchoirs... Finalement, seule la nourriture va dans l'autre poubelle. Et ils prennent bien soin de nettoyer ce qui est à recycler !
Sur le même principe, tous les sacs des magasins sont en papier recyclé, ce qui est très classe mais pas vraiment pratique quand il pleut !
- J'ai déjà parlé de la spécificité des bus mais je n'ai pas dit qu'on doit acheter le ticket au conducteur (on ne peut pas en acheter à l'avance un carnet par exemple) ou à la limite à la machine de la bus station mais il doit être poinçonné par le conducteur ! Ce qui fait qu'il n'y a qu'une porte au bus et qu'on prend pas mal de temps à chaque arrêt (d'où les 35 min pour faire 10 km) On peut par contre prendre le return avec l'allée, ce qui fait faire des économies mais le bus est tout de même assez cher ici : 2euros80 pour aller à Cork de Ballincolig (c'est à 10 km). Moi, je m'en fiche, j'ai mon pass !
- Ils sont censés utilisés les kilomètres mais en vérité ils ne parlent qu'en feet et autres miles
- Ils ne connaissent pas le principe des "fruits de saison", ils mangent ce qu'ils veulent quand ils veulent ce qui fait que ce n'est pas la qualité qu'on peut trouver en France (j'ai beaucoup de mal avec leur clémentines et leur tomates élevées sous serres !)
- Leur messe dure une heure au maximum parait-il (je n'ai pas encore testé) mais en tout cas, ils sont très religieux... Il y a un tableau dans ma chambre qui m'a un peu intriguée au début, en effet ça me parait étrange de mettre la 7ème étape du chemin de croix dans une chambre car "Jesus falls the second time" est à mon avis un peu dur pour l'avoir tous les jours sous ses yeux !
- Je vous ai déjà parlé de leur résistance à l'alcool
- Ainsi que de leurs prises avec interrupteur et de l'absence de volets !
- Leurs lavabos ne sont pas très pratiques : riquiqui, très bas, avec l'eau froide à un bout et l'eau chaude à l'autre !
- Les heures de repas sont bien particulières aussi : le gros breakfast, le lunch vite fait le midi si on a pris le breakfast tôt, le dinner au plus tard à 6h (ça dépend des familles et de ce qu'on fait) et parfois le souper, le soir qui consiste à manger ce que l'on veut ! Pour moi petite française habituée à des "vrais" repas, ça fait un peu drôle de manger un vrai plat que pour le dinner et encore ça me parait rapide vu qu'il n'y a ni entrée, ni dessert !
- Ce matin, j'ai testé pour vous le porridge ! Ce n'est pas mauvais, bien bourratif au moins (on ne mange que ça !), ça ressemble un peu à la bouillie qu'on donne aux bébés !
- Un truc que j'adore chez les irlandais (hormis leurs yeux bleus !) et ça je ne le dirais jamais assez : ils ont une ouverture d'esprit et une capacité à rester friendly quelles que soient les situations !
- Je repointe ici du doigt les nuages qui sont bien une particularité ici même si contrairement à ce qu'on pense, il ne pleut pas tout le temps ! D'ailleurs, il parait qu'il existe un proverbe ici qui dit : "si tu trouves qu'il ne fait pas beau en Irlande, attends cinq minutes !" ou quelque chose dans ce goût là et ça c'est très vrai !
- encore quelque chose que j'ai déjà dit : les magasins ferment très tôt (17H-17H30) mais sont ouverts le dimanche !
- Alors ça, je crois que ce n'est pas les irlandais mais ma famille (puisque chez Darling c'est différent...), Betty ne repasse absolument aucun vêtement ! (Si ma grand-mère voyait ça !)
- Les coupures de pub sont hallucinantes, toutes les dix minutes, c'est pratique de suivre un programme comme ça !
- je ne vous referais pas un topic sur l'accent irlandais ou de Cork mais toujours est-il que je galère toujours avec Tom !
- Ils ne mangent pas de viande rouge - en tout cas pas dans ma famille ! (Maman, je veux un steack en rentrant !)
- Pendant qu'on est sur la bouffe : ils cuisinent tout à la vapeur et mettent dans l'assiette : les légumes, les pommes de terre et la viande puis parfois recouverts de sauce mais les plats qui mijotent me manquent un peu !
- Ils mangent parfois des chips et des biscuits apéritifs mais c'est toujours proposé après le dinner, au moment du thé ! En général, je garde l'option biscuits pour aller avec le thé...
- Et bien-sûr, ils ne mangent pas de pain, enfin pas avec leur dinner et sinon ce n'est pas notre pain ! (Maman, prépare aussi la baguette normande ou rétrodor ! Mais à la limite même le pain basique fera l'affaire...)
- Les enfants n'ont pas l'habitude qu'on vienne leur dire bonsoir dans leur lit (ce que moi, je fais naturellement) et bien sûr, il n'y a pas le principe de la bise ! Mais les hugs qu'ils donnent parfois sont sympa aussi !
Pour le moment, c'est tout ce qui me vient mais c'est déjà pas mal ! Certaines choses sont anecdotiques, d'autres m'ont posé problème au début... mais à quoi bon aller à l'étranger si c'est pour trouver la même chose que chez soi ?
Et puis, on se rend compte qu'il y a des choses toutes bêtes dans nos habitudes auxquelles on ne prêtait aucune attention qui finalement comptent pour nous !
Et puis, il y a aussi des habitudes auxquelles on se fait et qui finalement sont très sympa : le thé avec Tom et Betty, les délires avec les petits, les virées chez Penneys, les soirées au pub, les aventures des expatriées, les pâtisseries orgasmiques, les beguels, la confiture de cassis, les biscuits au gingembre, les petit-déjeuner irish... Tout ça risque de me manquer en France !
18 juillet 2008
Une si belle journée...
Comme quoi un jour ne fait pas l'autre !
Cette journée fut pleine de moments inhabituels et exceptionnels...
J'ai pris un coup de soleil (oui, je vous jure, si vous voyiez mes épaules !), j'ai rencontré Nicole, Amy et Mary ont décrété m'avoir trouvé un boyfriend, je suis allée à Vodafone...
Il y a tellement de choses à raconter qu'il vaut mieux le faire chronologiquement !
Je me suis levée ce matin et j'ai pris ma douche froide quotidienne (pas eu le courage de me laver les cheveux mais ça, c'est une autre histoire...), j'ai vu que Brian était dans sa chambre alors j'en ai profité pour aller allumer internet (quand il est dans la salle telly, je me sens coupable de descendre pour allumer internet et de remonter alors qu'il est là...) et je commence à recopier les instructions de Damien pour les vis que je dois lui acheter (oui, oui, je dois acheter des vis en Irlande !)
Mais Brian fait irruption dans ma chambre avec son ballon pour me dire que ce serait bien d'aller prendre le petit-déjeuner maintenant parce qu'il voulait aller jouer dans le back garden! C'est le premier événement inhabituel de la journée, Brian veut aller jouer au ballon tout seul dehors plutôt que de regarder la télé mais comment se fait-ce ?
Un regard par la fenêtre m'indique qu'en effet, ce jour est exceptionnel... on voit du ciel bleu !
Après le breakfast, Brian va jouer dehors au ballon, rejoint par Amy à qui j'apporte un toast (c'est un jour particulier alors au diable mes principes sur l'autonomie des enfants !)... Il s'avère aussi qu'il fait chaud !
Après le petit-déjeuner des filles, je vais dire à Brian de faire son violon et... ô miracle, il y va sans rechigner et fait ses 15 minutes d'une traite !
Entre deux, Amy m'annonce qu'il vaut mieux qu'elle et sa sœur fassent leur violon après la promenade pour qu'on profite du beau temps mais je suis assez sceptique à cette idée (je me méfie des bonnes idées d'Amy !) mais Mary est d'accord et quand je lui dis que le soleil va rester toute la journée donc on peut aller se promener plus tard, elle me répond "we are in Ireland!", bon...
Mais à ce moment crucial de savoir qu'elle va être ma décision, on frappe à la porte... C'est Nicole !
Elle nous invite à un pique-nique dans son jardin, les enfants me supplient "please, please", comme si j'allais refuser une si belle proposition, aujourd'hui le temps est magnifique donc c'est la fête en Irlande ! (Il y avait bien au loin les nuages noirs mais au dessus de nous
c'était le ciel bleu, c'étaient les nuages des heures précédentes qui
s'en vont vers d'autres contrées, eh, eh petits français, ils viennent
chez vous !)
Donc nous voici assis sur une couverture dans le back garden de la maison next door, six enfants et deux au pairs à manger des sandwiches, des fruits et des biscuits...(et dire que je venais juste d'avoir mon petit-déjeuner où j'avais fait la gourmande avec six toasts !)
Les enfants sont ensuite aller jouer, ils étaient super excités, couraient, sautaient partout, faisaient de la balançoire, criaient et Mary filmait ou prenait en photo tout ça avec mon appareil ! (encore des films magnifiques qui vont rentrer au box office !)
J'ai parlé un peu avec Nicole qui est là depuis 11 mois et repart en septembre... C'est une fille un peu timide on dirait mais bien sympathique !
Et puis, les "missionnaries" sont arrivés... Petite explication : Betty m'a dit que Meredith (la voisine donc, maman des trois petites dont s'occupe Nicole) était très gentille mais qu'elle priait beaucoup et que sa vie tournait autour de la religion, elle fait partie des Mormons, je crois... Donc, je n'étais pas trop surprise de voir chez elle, deux garçons en costume-cravate avec un badge "Jesus church" ou quelque chose de ce goût là... Nicole les a invités à venir s'asseoir un peu avec nous dans l'herbe pour manger quelque chose et ils se sont avérés sympa, ils ne sont pas irish, l'un est anglais et l'autre est islandais...
On discutait tranquillement quand les enfants se sont approchés de nous en chantant "Nicole and Claire have boyfriends!" et ils ont passé une demi-heure à nous taquiner à ce propos !
Les boys en question ont fini par nous quitter et j'ai fini ce superbe pique-nique à pousser les filles "higher" sur la balançoire !
Ils nous a fallu rentrer mais Nicole m'a proposé d'aller voir un match de soccer avec elle demain alors je vais pouvoir rencontrer encore de nouvelles personnes !
Nous avons préparé le dinner et regardé les 85 photos prises pendant ce pique-nique et mum est rentrée... Les filles se sont empressées de tout lui raconter à leur manière : "Claire will get married!" et le repas a été très animé, elles chantaient la chanson de Grease :
"Summer lovin' had me a blast
Summer lovin' happened so fast
I met a girl crazy for me
Met a boy cute as can be
Summer days driftin' away, to uh-oh those summer nights..."(dans la version d'Amy il était question d'un missionaire)
Et pour une journée pas comme les autres, on a même mangé de la viande rouge (c'est la première fois depuis que je suis là), bon, ils ne la font pas cuire comme j'aime (c'est un peu sur-sur cuit) et en plus, j'avais déjà trop mangé donc je n'ai pu tout avaler !
J'ai fini par m'enfuir rejoindre Camille en ville après avoir passé une petite robe d'été (profitons tant qu'il est encore temps !)
Arrivée à la bus station Camille m'annonce : "je suis passée devant Vodafone, IL est là !"
...
Je décide que je vais d'abord aller acheter les vis - je n'étais pas prête psychologiquement à aller à Vodafone aujourd'hui, vu qu'il n'était pas là le vendredi de la semaine dernière...
En rentrant dans le magasin de Bricolage (après avoir fait deux fois la rue car on ne retrouvait pas où c'était), je me rends compte que j'ai tout noté sauf le nombre de vis dont il a besoin ! Brian étant entré dans ma chambre au moment où je notais...Et impossible de m'en rappeler ! Tant pis, je reviendrai ! (Comme le dit si bien une vendeuse de ma boulangerie en France : quand on n'a pas de tête, on a des jambes !)
Bon, direction Vodafone bien décidée à user du bien connu French charm pour avoir plus qu'une carte sim irlandaise (oula, pour quoi suis-je en train de me faire passer ?). Je rentre dans la boutique, me dirige vers lui, arrive au comptoir et il me sort son superbe sourire pour me dire "Hi", auquel je réponds "hi" avec le mien (de superbe sourire... enfin, j'espère !), j'allais ouvrir la bouche pour expliquer ce que je voulais quand une vendeuse fait le tour du comptoir et me saute dessus (oui, oui, je vous jure, c'est l'impression que ça m'a fait !) pour me demander ce que je veux... ça fait un peu série américaine (vous voyez la scène au ralenti avec une musique à propos...) mais Camille peut témoigner, ça s'est vraiment passé ainsi !
Je prends mon temps pour répondre à la vendeuse dans le secret espoir que Mr Vodafone s'interpose et dise qu'il s'occupe de moi mais non ! Alors je me résigne à lui demander ma carte sim irish et je vois "mon" irish man s'enfuir vers l'arrière boutique !
Elle me vend son truc et en plus, elle est beaucoup moins sympa que lui, elle me donne juste le minimum au niveau informations !
Je prends mon temps pour essayer si ça marche, juste sur le comptoir puisqu'il est revenu par ici ! Mais à nouveau la vendeuse qui était allée embêter un autre client revient vers moi pour m'aider, pfff...
J'ai donc bien maintenant un numéro irlandais (d'ailleurs, je vous enverrai des textos de ce numéro car c'est un peu moins cher à l'international mais vous pouvez continuer à m'en envoyer sur mon numéro français - moins cher pour vous - je joue à la valse des cartes sims !) et je connais son prénom : Mr Vodafone s'appelle Michael !
Je vous préviens, je n'aime pas trop ! Et puis, il m'a laissée aux mains de sa collègue (vu comment elle m'a sauté dessus alors que j'étais presque en train de parler avec lui, y a trois solutions : soit c'est sa girlfriend et elle possessive, soit elle est secrètement amoureuse de lui et ne supporte pas qu'on l'approche, soit il lui a demandé de le faire car je lui fais peur !), donc pour le moment, l'épisode Vodafone est clos, je n'ai pas de raison d'y retourner dans l'immédiat et des irish men, ça court les rues par ici alors tant pis pour lui (ou pour moi, tout dépend le point de vue !).
La journée n'était pas totalement finie et les surprises non plus puisque je me suis faite draguée à la bus station, oui je vous jure, vraiment, ça m'est arrivé à moi ! Il était irlandais mais malheureusement beaucoup trop vieux (35 ans, je dirais) et vraiment pas à mon goût !
Laissez moi vous raconter cette épisode palpitant de mon existence...
J'étais assise sur un banc de la bus station (comme d'habitude quoi !) et je lisais tranquillement quand il est venu s'asseoir à côté de moi et m'a dit "Hi, how are you?" - cela peut vous choquer mais ici, c'est normal, les gens vont facilement parler aux autres et on entend tout le temps "Hi, how are you?", un des conducteurs réguliers de mon bus me le sort tout le temps (assorti d'un clin d'œil aujourd'hui) et aussi le mec de la sécurité de la bus station qui est toujours là quand j'attends le soir...
Enfin celui-là était vraiment là pour me taper la causette !
"You are reading...", la seule réponse qu'il obtient "humm..."
Et puis je me rappelle que je me suis promis de ne louper aucune occasion pour travailler mon anglais, je sors donc de mon livre pour sourire à mon voisin...
On a parlé de tout et n'importe quoi mais surtout de moi, il voulait tout savoir, ce que je faisais ici, comment je trouvais l'irlande, où j'habitais en France... On a parlé du beau temps, de mes "nices legs" et de ma jolie robe d'été et de mon plaisir de nager dans la mer... Je surveillais tout de même l'heure car il était hors de question que je manque mon bus ! Il m'a demandé si je voulais lui apprendre à nager dans la mer, mais je lui ai fait remarquer qu'elle était trop froide... et c'était l'heure de mon bus ! Il m'a soupçonnée de fuir mais m'a tout de même proposé d'aller faire une promenade un de ces jours, j'étais "sorry" mais je n'ai pas accepté, j'ai sauté dans mon bus...
Dans le bus en question, un beau jeune homme s'est assis à côté de moi mais ne m'a pas demandé comment j'allais...
Je suis rentrée à la maison, j'ai eu un peu de temps pour me détendre avec mon très cher ordinateur et puis c'était time to baby-sit! Les enfants ont pris leur souper, ils étaient bavards ce soir ! Et on a joué au nain jaune (oui, encore et malheureusement c'est un jeu de chance donc je n'ai pas la possibilité de prendre le coup de main pour vous mettre une pâtée de retour en France...) et la télé est restée éteinte ; de tout le temps où je me suis occupée des petits aujourd'hui, la télé est restée sur off ! Une journée particulière, je vous dis !
Je viens de coucher les enfants, ils étaient excités donc ça a pris un peu de temps mais j'ai chanté des "lullabies" (Peut-on faire de la voile sans vent ? et A la claire fontaine) aux filles pour les calmer, Amy s'est endormie dans mes bras et Mary a dit : "it was brilliant!"...
Ils ont été des enfants adorables aujourd'hui, j'ai vraiment apprécié les moments passés avec eux...
Ah oui, une vraie raison qui fait de cette journée un jour particulier : je n'ai pas bu une seule tasse de thé !
Maintenant il est temps d'aller se coucher (enfin si j'ai le courage d'aller prendre une douche avant, j'ai plus de chance d'avoir de l'eau chaude le soir pour me laver les cheveux...), demain est une longue journée, je me lève à 9h pour aller voir le match avec Nicole et dieu seul sait à quelle heure je vais me coucher vu qu'on doit aller au pub à Ballincolig avec Camille et aucun bus ne va nous obliger à rentrer tôt puisqu'on rentre à pied (Camille dort at home) et dimanche on enchaîne sur Cobh, je suis même invitée à dinner par la host de Camille !
Pour finir, je ferais écho à la chanson à laquelle mon titre fait référence :
"C'est une belle journée qui s'achève, je vais me coucher, une si belle journée, qui s'achève, me donne l'envie d'aimer, mais je vais me coucher..."
Le mot du jour : bruise = un bleu (merci à Brian d'inspecter mes jambes)
La phrase du jour : "it was funny how good weather in Ireland always seemed to be the conversation of the day with everyone. It was such a rare sight that everyone felt blessed when it finally arrived" (de P.S: I love you, oui, encore, mais c'est le livre que je lis en ce moment et ça tombe bien car ça se passe en Irlande !)
So, Bye for now
Claire
P.S : Je viens de finir ma troisième semaine ici, dans une semaine, je suis à la moitié de mon séjour, je ne peux pas le croire ! Le temps passe si vite ici mais en même temps j'ai l'impression d'y vivre depuis longtemps... Ne vous inquiétez pas je reviendrais, d'abord parce que si j'aime ma vie ici, j'adore aussi la vie qui m'attend en France et ensuite, j'ai déjà le billet d'avion !
14 août 2008
Temps irlandais et tenues d'irish girls
Voici une drôle de matinée, météorologiquement parlant... Le temps irlandais pourrait être une circonstance atténuante lors de mon internement en hôpital psychiatrique !
J'ai été réveillée aux aurores ce matin, 7h, et oui, c'est tôt pour moi qui ai pris un rythme, coucher : entre minuit et deux heures, lever : 10h-11h ! Il semblait qu'une tribu d'enfants jouaient dans la salle télé, qui malheureusement est juste en dessous de ma chambre (c'est ballot comme dirait Julien !) mais j'ai entendu la voix de Betty, j'ai donc décidé de m'accorder un peu de repos supplémentaire... J'ai plongé dans un rêve bizarre pour me réveille à 9h30 sans doute par les cris qui faisaient fureur juste en dessous (toujours : too bad!). Je me décide à sortir de mon lit, dans un entrain assez modéré...
En fait, c'est juste Brian et Kathy qui jouent... Et là, vous vous dites : on a dû louper un truc, qui est Kathy ? Kathy est une des nombreuses cousines de mes petits, elle est très mignonne, je l'avais déjà vue, elle a six ans... Et elle est là jusqu'à samedi. Ça ne me choque pas, j'ai l'habitude de ne pas être prévenue et contrairement à ce qu'on peut croire, je préfère quand il y a un quatrième enfant, les trois autres sont tout contents de jouer avec le nouveau venu et ils ne pensent pas trop à m'embêter ou à se disputer entre eux (c'est à dire Brian et Amy).
Au départ, je me suis dit que la journée allait être difficile à supporter puisqu'Amy a fait des histoires pour rester devant la télé au lieu de déjeuner - en ce moment, elle est très peste, c'est marrant parce que son frère est adorable dans le même temps, comme quoi, quand ce n'est pas l'un, c'est l'autre, c'est pas juste la vie !
Mais finalement, tout s'est très bien passé et ce genre de journée fait que j'aurai tout de même un pincement au cœur de les quitter... On a été faire la promenade et on a joué pas moins de 45 minutes au rugby club, je les ai fait tourner, ils ont joué à la brouette, au ballon, à la course, de vrais enfants pleins de vie ! Et même Mary s'est laissée aller, pour la première fois elle m'a demandé "swing me around" et a oublié que ça pouvait lui foutre la honte (ben, oui, c'est l'expression qu'emploieraient nos pré-ados)... Je ne sais si c'est le soleil ou la compagnie de la petite Kathy mais nous étions tous en joie...
Ce qui m'a rendu crazy aujourd'hui, ce ne sont pas les mômes mais les nuages qui jouent aux gendarmes et aux voleurs avec moi... En effet, Betty avait laissé un mot pour me dire d'étendre le linge qui restait dans la machine et de bien surveiller le temps car il y en avait déjà à sécher dehors, quand j'ai vu ça, j'étais en train de prendre mon petit-déjeuner et là Mary me dit "Claire, it's raining", fine, j'attrape le panier, je cours en quatrième vitesse pour tout détendre mais ce n'était qu'une toute petite averse qui a duré juste le temps que je détende tout le linge et après avoir finalement fini mon brakfast, j'ai vu qu'il y avait un beau soleil dehors, j'ai donc été réétendre ce que j'avais détendu, plus ce qu'il y avait dans la machine... Le temps a été beau pendant une heure, même très beau, un moment, j'étais allongée dans l'herbe pour jouer avec les enfants et j'avais l'impression d'être à bronzer à la plage (je vous jure !). Quand on est rentré de la promenade, dans ma grande naïveté, je ne me suis pas dit que je ferai bien d'aller rentrer le linge qui ne devait pas être loin d'être sec - parce que pour moi, toute la journée serait belle...
Mais tout d'un coup, je lève la tête et je vois des trombes d'eau qui tombent ! Je courre chercher ma vareuse et mes tongs et pars dehors pour sauver le linge de la noyade ! Résultat : le linge est trempé comme s'il sortait de la machine et je suis tellement mouillée que j'ai l'impression d'avoir pris une douche toute habillée !
Et vous voulez savoir le plus drôle : je n'ai pris que deux pantalons pour venir ici car d'habitude l'été, je ne mets presque pas de pantalons, c'est shorts, robes ou pantacourts ! Mais si jusqu'à maintenant c'était très bien comme ça, il se trouve que la température a vraiment baissé ces derniers jours, surtout que je rentre toujours tard le soir et que maintenant, il fait bien nuit quand je prends le bus... Or un de mes pantalons était dans le linge à sécher, vu qu'il a pris la pluie, il était trempé et l'autre était sur moi au moment où j'ai détendu le linge, résultat, il était dans le même état que le premier... Donc j'ai été obligée de sortir en pantacourt parce que le jean, ça ne séche pas comme ça... J'espère que demain, je pourrai en récupérer un des deux, ainsi qu'une paire de chaussettes car là aussi j'ai visé un peu juste pour une fin de mois d'août en Irlande !
Et en sentant le froid sur mes mollets ce soir, je me suis posée une question importante : comment les jeunes irlandaises font-elles pour sortir par ce temps avec leurs robes trop petites ?
Oh, je ne vous ai pas encore parlé des tenues des irlandaises... enfin la plupart des jeunes irlandaises (heureusement, elles ne sont pas toutes à ce point givrées !) qui sortent le soir... Déjà, elles aiment beaucoup le fluo, les gros nœuds, le too much et surtout leurs robes sont sans bretelles, elles les tirent vers le haut pour empêcher leurs seins de se faire la malle puis vers le bas parce qu'il y a de grands risques qu'on voit maintenant leur culotte ou string ou je ne sais quoi (je ne cherche pas à savoir quel sous-vêtement portent les irlandaises, déjà rien qu'à voir les culottes et les strings froufrou et fluos chez Penneys, on comprend pourquoi les irlandais pensent que les françaises ont la classe !), à chaque fois que je vois cette scène dans les rues (c'est encore plus courant à Dublin qu'à Cork), j'ai envie de les arrêter pour leur signaler qu'elles feraient mieux d'acheter plus de tissu !
Malheureusement, je n'ai pas de photo de spécimen de ce genre, mais je peux vous montrer une des culottes qui se vend le mieux, chez Penneys, c'est celle qu'on a envoyé à my darling pour qu'elle n'oublie pas de si tôt Cork, actually, on lui en a aussi envoyé une jaune fluo et on compte bien qu'elle les porte... Comme ça elle pourra répondre à une question cruciale que je me pose : qu'est ce que ça donne sous la lumière blanche des boîtes de nuit ?
23 août 2008
I'm gone back...
Il est temps de vous faire le récit de mon retour ; une bien longue journée...
J'ai dû m'endormir vers les 3-4h du matin, je sais, c'est mal mais en même temps, une fois mon ordinateur mis dans le sac, ma chambre me paraissait bien vide de mes effets personnels et l'idée de partir avait la conséquence étrange de me rendre insomniaque !
Mon réveil sonne à 7h, à vrai dire, en le mettant, je ne savais pas à quelle heure je devais le mettre à sonner vu que je n'avais pas vu Betty la veille et qu'elle ne m'avait pas laissé d'instructions pour l'heure de départ... Je savais juste (vu que c'est moi qui avait fourni cette information of course) que je devais être à l'aéroport à 9h. A 7h, pas un bruit dans la maison, je présume donc avoir visé trop tôt, je reste donc bien sagement dans mon lit... Mais à 7h30, je n'y tiens plus et je me lève mais tout le monde dort toujours... Je commence à me demander si je devrais pas aller les réveiller, je me vois louper l'avion et me retrouver seule sans logement à Cork puisque ma host family part en vacances le lendemain matin tôt... (psychotage quand tu nous tiens !)
Mais à 7h45, Betty se lève enfin et va réveiller les enfants.
C''est l'anniversaire de Mary aussi aujourd'hui et c'est une information capitale puisqu'elle nous le répète quasiment tous les jours depuis que je suis arrivée ! Je lui offre donc des petits cadeaux : du vernis à ongle, du gloss et un kinder, je donne aussi un kinder à Brian et à Amy, ils sont aux anges, j'ai l'impression d'être le père Noël !
Mon cadeau à Betty est moins donné et reçu jovialement : je lui rends "the key of the kingdom"...
Petit-déjeuner, bien copieux, il faut tenir jusqu'en France (la bouffe vendue dans l'avion ne me tente absolument pas...). Sinon, à ce moment, je me demande si je vais devoir demander ma dernière paye à Betty parce qu'elle semble avoir oublié... Je suis vénale mais vu les économies que j'ai pu faire, j'ai besoin de ces 90 euros... Mais heureusement, elle finit par y penser.
Avant de partir, Betty sort l'appareil photo et je pose avec mes petits monstres... Elle me donne aussi un paquet à ouvrir chez moi (je lui désobéirai en l'ouvrant dans l'avion, ce sont des petits souvenirs d'irlande : un mini drapeau, un stylo, un marque-page...)
Et puis, je monte dans la voiture de Betty, ne me trompant pas de côté pour le passager (le dernier jour, ça n'est pas forcément le plus arrangeant !). Ne dérogeant pas à la tradition de partir sans dire "au revoir", je n'ai pas pu saluer mon wisteria lane irlandais puisque la buée m'empêchait de voir l'extérieur de la voiture...
Un petit moment de stress sur la route, car c'est la rush hour (tout le monde veut aller à son boulot au moment où je dois aller à l'aéroport !) et on se retrouve coincé dans les bouchons...
Mais on finit par apercevoir l'aéroport, même si on reperd quelques minutes puisque Betty se trompe de file et va vers les "delivery" mais en bonne irlandaise qui ne se prend pas la tête, elle prend la bretelle de la voie rapide à l'envers pour me ramener au bon endroit - j'ai bien crû un instant que je ne regagnerai jamais le territoire français !
Arrivés à l'aéroport, on ne trouve pas de place pour se garer, Betty se met donc sur les places des taxis, et ils descendent de la voiture pour me dire au revoir, les enfants sont tristes, ils pensent ne jamais me revoir mais je leur dis que je compte revenir sur Cork et on me répond que je serai toujours la bienvenue à Classis Lake...
Et puis, je vais enregistrer mes bagages... Et youpi, je n'ai aucun kilo supplémentaire à payer ! (J'ai tout de même sur moi : un débardeur, le sous-pull fin offert par Jeannette, un gilet et mon gros sweat autour de la taille... A ajouter, la vareuse à la main !). En passant au contrôle, j'ai un peu plus de problèmes : d'abord, le douanier demande à voir mon parapluie, mais il n'arrive pas à l'ouvrir ! Je lui fais donc une superbe démonstration, je lui conseillerai bien d'aller chez Penneys l'acheter mais il ne paraît pas être sensible à la beauté de l'objet ! Il me demande ensuite de passer le portail automatique et là, ça ne manque pas, je sonne... Et voilà, comment se retrouver palpée par une femme qui doit sourire quand elle se brûle ! Mais vu que je n'ai pas l'air de cacher une arme de destruction massive sous mes (nombreux) vêtements, elle finit par me laisser partir...
Et une heure et demi d'attente dans la gare de Cork maintenant... Je vais bien sûr faire mon irlandaise en parlant à la dame assise à côté de moi... Je commence par lui parler en anglais mais je m'aperçois que c'est une compatriote, je passe donc au français et là elle me dit "mais vous parlez très bien français mademoiselle !", je lui explique que c'est sans doute dû à mon bain dans un univers francophone depuis ma plus tendre enfance et elle me répond "c'est étrange, vous êtes française mais vous avez pris l'accent irlandais quand vous parlez français !" ; alors celle-là, elle était collector tout de même, mais la grand-mère est gentille alors je ne veux pas mettre en doute ses paroles et me contente de lui raconter mon expérience...
On finit par embarquer, le voyage se déroule sans histoire, sinon ma satisfaction de comprendre ce qui est dit dans les hauts-parleurs alors qu'à l'aller, je me rappelle que je ne saisissais que quelques mots !
Arrivée à Paris. Un choc... Je prends conscience, à ce moment là seulement (oui, je suis un peu longue à la détente !) que j'ai quitté l'Irlande... La dame à la sortie de l'avion dit "bonjour", ce n'est pas que je n'ai pas parlé français mais c'était toujours lors de rencontres d'expatriés, c'est pourquoi pour les magasins, les gens qui travaillent ou que je bouscule, ça vient en anglais : j'ai parlé anglais à la douane française, j'ai dit sorry au monsieur bousculé devant le tapis roulant et thanks un peu plus tard près de la gare saint lazare à la boulangère qui m'a vendue un sandwich... Il est étrange de voir les pubs (publicités pas les bars irlandais !) en français.
Et il est déprimant de revoir le français de base dans son mauvais côté, j'ai une petite pensée pour le calme irlandais quand j'entends un homme à côté de moi qui râle ("rooo putain...") parce qu'au bout de dix minutes sa valise n'est pas là...
En parlant de valise à récupérer, j'ai eu une petite frayeur à ce propos : tout le monde était presque parti et j'attendais toujours et je vois passer deux fois de suite une valise qui est la même que la mienne et qui n'est pas la mienne... J'ai alors un peu peur que quelqu'un n'ait pas fait attention à l'étiquette et soit parti avec mes affaires - non !!! Rendez moi mes culottes Penneys !!!! - mais finalement mon bien finit par arriver dans les tous derniers mais la prochaine fois, je mets un gros nœud ou je ne sais quoi de ce genre dessus !
RER... Les gens ont l'air triste, il pleut dehors alors que le soleil brillait quand je partais de Cork. Je réussis tant bien que mal à chasser des pensées déprimées en expliquant en anglais à des espagnols comment marchent les transports en commun à Paris... Après un métro, et j'arrive à la gare saint Lazare mais le prochain train du Havre n'est qu'une heure plus tard...
Je décide donc de sortir acheter un sandwich à l'extérieur (ceux de la gare sont chers et peu appétissants). Je suis obligée de déplier mon superbe nouveau parapluie Penneys, je dénote un peu dans le ciel parisien où tous les parapluies sont invariablement sombres mais je suis fière de ma différence, je tiens à garder un peu de la chaleur irlandaise à l'intérieur...
Le sandwich est délicieux, je suppose que la baguette et le saucisson n'étaient peut-être pas si extras mais ça m'a tellement manqué !
Dans le train, je me retrouve dans un compartiment avec une famille parisienne très chic qui va en week-end en Normandie, mais je suis heureuse de constater que ces petites Eliane et Madeleine sont très bien élevées (ça existe les enfants qui disent merci d'eux mêmes ?)... Pour passer le temps, je regarde mes photos d'Irlande... Je sens que je suis triste mais je ne pleure toujours pas, je n'ai pas pleuré en disant au revoir à mes amis de Cork, je n'ai pas pleuré en faisant mes bagages, je n'ai pas pleuré à l'aéroport et pourtant à chaque fois, je sentais que mon cœur se serrait...
La famille qui m'accompagne descend à Bréauté-Beuzeville, je suis seule dans mon compartiment et je me mets à regarder les photos d'avant mon départ, les dernières soirées, mon anniversaire... Et c'est seulement là que je prends conscience que je vais vraiment rentrer chez moi, que je vais revoir tous ces gens que j'aime, j'ai pensé des milliers de fois à ce moment sur le quai de la gare mais je perçois seulement à ce moment qu'il va être réel ! Alors, avec ces visages figés sur l'écran de mon ordinateur, avec en fond Galway Girl, je me mets enfin à pleurer, à pleurer de soulagement, de fatigue, de joie , à pleurer et à rire en même temps !
Je range mes affaires, je reconnais les paysages, le soleil brille sur la Normandie, j'empoigne tous mes sacs et quand enfin le train s'arrête, je descends sur le quai le sourire aux lèvres...
J'aperçois en premier Julien qui dépasse au loin et puis Ismérie arrive en courant pour me sauter dans les bras... J'avais mon gros sac à roulettes à trainer, mon ordinateur sur le dos et mon sac à main bien chargé mais j'ai encore la force de la soulever pour la serrer contre moi ! Maylis suit, et puis je vois qu'il y a maman alors qu'elle m'avait dit qu'elle ne viendrais pas à la gare pour me préparer mon diner... Carole, papa, Mathilde, Julien, Mitzy tout le monde a le droit à son câlin...
C'est comme un soulagement après une journée éprouvante physiquement et émotionnellement, je suis chez moi, vraiment chez moi et ils sont là...
Je ne sais pas combien de temps, on est resté à la gare à discuter mais on avait tellement de temps à rattraper et ce n'est pas encore fini...
De retour à la maison, assise à ma place à table, je déguste, vraiment déguste, un super repas : soupe de poisson de l'île de Ré (maman veut que je précise bien qu'elle vient de l'île de Ré !) avec croutons, jambon sec, ratatouille avec du riz, baguette normande, emmental, gâteau aux pommes maison... Je ne peux m'empêcher de sortir l'expression maintenant bien connue : "excusez-moi mais c'est orgasmique !"
Après le repas, je montre toutes les photos (quelque chose comme 1400) à papa et maman, je vais embêter un peu Maylis dans son lit et je me retrouve à discuter avec Julien sur le mien ; et puis avant de me coucher, je prends un petit temps pour aller dire un petit mot à Camille et Sophie sur msn...
Et puis, je suis allée me coucher, un peu chamboulée, j'avais été si triste et heureuse dans la même journée : et puis, il y a quelque chose à laquelle je n'avais pas pensé, c'est que j'ai beaucoup à faire ici maintenant avec ma nouvelle vie à Rouen qui se prépare, le bazar dans ma chambre à ranger m'a rappelé qu'il faut refaire face aux soucis laissés derrière moi, et surtout les clés de mon appartement sur mon bureau ("maman, c'est quoi ces clés ?"), m'ont fait prendre conscience qu'une nouvelle aventure avec son lot de péripéties, de tâches à effectuer, de joies m'attendait...
Allez, je vous mets la dernière phrase du jour : "If you are sitting this close to someone in an irish pub, it'd be a sign of a good night." (pub lue dans un magasine dans l'avion, et si vraie, heureusement, il y a un irish pub à Rouen, il va falloir que je teste !!!)


